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Un acte signé chez le notaire de la place Jourdan

L'ancienne quincaillerie du 43 rue de la Font-Macaire change de main

Le rideau de fer du 43 rue de la Font-Macaire est resté baissé dix-neuf mois. Depuis le 8 septembre, deux artisans y ont posé leurs établis, et le quartier de la Bastide a retrouvé une vitrine allumée le soir.

Un acte signé chez le notaire de la place Jourdan

Le compromis avait traîné depuis février 2025, retardé par un relevé de bornage contesté par le voisin du fond. Maître Hélène Charasson, notaire place Jourdan, a reçu les signatures définitives le 3 septembre à 14h20, et les clés ont changé de main le lendemain matin. Le prix déclaré reste confidentiel, mais l'agence du boulevard Saint-Maurice évoque une transaction autour de 148 000 euros pour 210 mètres carrés sur deux niveaux, cave comprise.

La quincaillerie Puyraud avait fermé en février 2024, après le départ à la retraite de Bernard Puyraud, soixante-huit ans, qui tenait le comptoir depuis 1979. Sa fille avait repris la gestion comptable pendant six ans sans jamais vouloir du fonds de commerce. Personne, dans la famille, ne souhaitait rouvrir un magasin de boulonnerie dans un local dont la façade demandait 22 000 euros de reprise, d'après deux devis obtenus par les acquéreurs.

Un acte signé chez le notaire de la place Jourdan

Deux ateliers sous le même plafond

Le rez-de-chaussée accueille désormais une petite fabrique d'enseignes. Philippe Vincent, qui dirige la structure, y prépare les devis et reçoit sur rendez-vous du lundi au jeudi, entre 8h30 et 17h30. À l'étage, sous la verrière d'origine conservée, Anaïs Dubois tient les achats et Camille Morel l'administration, dans un bureau de dix-sept mètres carrés qui sent encore la térébenthine.

Les travaux ont duré onze semaines. Il a fallu reprendre la dalle, refaire l'installation électrique jusqu'au tableau et remplacer trois verrous de sécurité. Le plombier de la rue Théodore-Bac a remplacé la conduite d'eau gelée en janvier 2025, et la ville a accordé le changement d'enseigne le 21 août, sous réserve que le lettrage n'éclaire pas la chaussée.

Sept riverains sont venus frapper à la porte la première semaine. Deux demandaient un devis pour une plaque de boîte aux lettres, un restaurateur du carrefour de la Bastide voulait un habillage de vitrine, et une dame du square des Émailleurs cherchait simplement à savoir si le local rouvrait un jour.

Ce que le quartier attend désormais

Le tronçon entre la rue de la Font-Macaire et l'avenue des Bénédictins compte onze commerces, dont quatre étaient vides en janvier. Une boulangerie a rouvert en avril, et la cordonnerie du numéro 51 a repris du service en juin sous une nouvelle gérante, Corinne Vasseur, qui vient de la Bastide. Les commerçants se sont réunis le 10 septembre chez le caviste du 38 pour relancer une association de rue, mise en sommeil depuis 2019.

Rien ne garantit que la fréquentation revienne. La ligne de bus 34 s'arrête à cent mètres, mais la station de tramway la plus proche reste celle de la gare des Bénédictins, à quatorze minutes à pied. Le parking en épis compte vingt-deux places, dont six sont réservées aux livraisons entre 7h et 10h.

Bernard Puyraud est passé le 9 septembre. Il a regardé la vitrine refaite, a demandé si l'on gardait le vieux comptoir en chêne du fond, et il est reparti sans rien acheter. Certains jours, la mémoire d'un lieu résiste plus longtemps que son bail.

Les prochaines étapes du chantier

La vitrine définitive doit être posée avant la fin octobre, avec un lettrage en vinyle gris anthracite et un adhésif dépoli sur la partie basse. Les deux acquéreurs attendent aussi de savoir si la copropriété accepte la pose d'une boîte aux lettres normalisée, question inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée du 6 novembre.

Un point reste en suspens : la cave voûtée, haute de 2,10 mètres, humide en hiver, ne convient pas au stockage du papier. Une étude de ventilation a été commandée au cabinet Fabre, rue du Clocher, pour un montant de 1 450 euros. La réponse est attendue avant la fin du trimestre.

Le local n'a pas rouvert au public sans rendez-vous, et il ne vend rien au comptoir. On y prépare des enseignes, des plaques de porte et des habillages de vitrine, pour des clients de Limoges et des communes voisines comme Couzeix, Panazol ou Le Palais-sur-Vienne.

De l'atelier