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À Limoges, l'école Jules-Ferry perd deux classes et cherche des mètres carrés

La rentrée du 1er septembre 2026 s'est faite sans deux des douze classes de l'école élémentaire Jules-Ferry, rue Domnolet, dans le quartier de la Bastide. Les 47 élèves concernés ont été répartis dans les niveaux supérieurs, où les effectifs frôlent désormais les 29 par salle.

Le réfectoire servi en deux services, 11h30 et 12h45

Le 1er septembre 2026, Sabrina Lefeuvre, directrice de l'école élémentaire Jules-Ferry, a ouvert la grille de la rue Domnolet avec onze enseignants au lieu de treize. Deux postes étaient vacants depuis le mouvement de juillet, et l'académie n'a pas trouvé de remplaçants titulaires avant la fermeture estivale des services. Les 47 élèves des deux classes supprimées ont été répartis dans les huit niveaux restants, du CE1 au CM2, avec des pointes à 29 enfants par salle.

Le calcul est simple et il ne bouge pas. Douze classes pour 312 élèves en juin, dix classes pour les mêmes 312 en octobre. La moyenne passe de 26 à 31 élèves par enseignant, et les deux salles libérées au premier étage restent vides, portes fermées, radiateurs coupés.

Sabrina Lefeuvre a passé la première semaine à réécrire les emplois du temps. Le créneau de piscine du jeudi, à la piscine municipale de Beaublanc, a été conservé pour les CM1, mais il a fallu le décaler à 13h45 parce qu'un seul car peut transporter 55 enfants au lieu de 78.

« On tient, mais on tient sur les nerfs de tout le monde », dit-elle. Elle compte 14 heures supplémentaires sur sa semaine, cumulées entre la direction, les remplacements de courte durée et les appels aux familles.

Le rectorat de l'académie de Limoges indique de son côté que les deux postes sont ouverts au mouvement complémentaire jusqu'au 16 octobre. Aucune affectation n'est confirmée à ce jour, et rien ne garantit qu'un enseignant nommé en cours d'année reste jusqu'en juillet.

Le réfectoire servi en deux services, 11h30 et 12h45

Les entreprises cherchent aussi des bras

Le sujet dépasse l'école. Le taux de chômage dans la zone d'emploi de Limoges se situe autour de 7,2 % au deuxième trimestre 2026, selon les chiffres publiés en septembre par la direction régionale de l'économie. Ce niveau bas complique le recrutement dans le soin, l'industrie et l'animation.

Philippe Vincent, qui suit les devis chez Martyniastream, 142 allée Gambetta, voit passer les commandes de signalétique des établissements du secteur. « Depuis juin, on plaque beaucoup de panneaux de porte pour des services qui réorganisent leurs bureaux », explique-t-il. Rien de spectaculaire, mais un signe : les locaux changent d'usage plus vite que les effectifs ne se remplissent.

Camille Morel, qui gère l'administration de l'atelier, confirme que les demandes de plaques gravées pour les écoles et les cabinets de soins ont progressé de 18 % sur le troisième trimestre par rapport à la même période de 2025. Les délais de livraison restent de dix jours ouvrés quand la maquette est validée.

La comparaison avec d'autres bassins reste difficile. Brive, Tulle et Guéret publient leurs propres indicateurs, et les mobilités entre ces villes brouillent la lecture. Une chose est sûre : une classe fermée à Limoges ne se rouvre pas au printemps suivant, même si un site industriel embauche à 20 kilomètres.

Les familles de la rue Domnolet le savent déjà. Elles attendent le 16 octobre, date de clôture du mouvement complémentaire, en espérant deux noms sur deux portes.